Le dernier BuSCA
BuSCA n°
159
- 25/06/2026
Editorial
Le comité de rédaction du bulletin de veille sanitaire internationale de la Plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire (SCA) vous présente l’actualité de la quinzaine passée dans le domaine. Bonne lecture !
Biologique
Étude
Suisse, dangers microbiologiques, substituts de produits laitiers
En Suisse, une étude a caractérisé la contamination microbiologique de 100 substituts végétaux de produits laitiers achetés au détail entre juillet et septembre 2025 : 52 alternatives au yaourt, 32 alternatives au fromage et 16 imitations de produits à tartiner. Aucune détection de Salmonella spp. ni de Listeria spp. n’a été mise en évidence dans les échantillons analysés. Par ailleurs, Staphylococcus aureus présentait des niveaux inférieurs à la limite de détection dans l’ensemble des produits. En revanche, des isolats du groupe Bacillus cereus ont été identifiés dans neuf produits, avec des concentrations comprises entre 2,00 et 3,25 log UFC/g. Ces produits avaient pour base des mélanges d'ingrédients suivants : noix de cajou, pois chiche, lupin, soja et noix de coco. A noter que sept de ces produits provenaient d’une même marque, suggérant une contamination probable de l’environnement de production ou d’un ingrédient commun. Par ailleurs, un isolat de B. mosaicus biovar Emeticus portait le cluster génétique responsable de la synthèse de la céréulide. Lien 1
Étude
Chine, Cronobacter spp., denrées d’origine végétale
Dans le cadre du programme national de surveillance des risques microbiologiques liés à la sécurité sanitaire des aliments, 562 échantillons d’aliments à faible teneur en eau ont été prélevés en Chine au stade de la distribution, entre 2023 et 2024 : 338 échantillons d’épices, 110 échantillons d’aliments à usage médicinal et 114 échantillons d’aliments à base de céréales pour nourrissons et jeunes enfants. La proportion d’échantillons contaminés par Cronobacter s’élevait à 42 % (236/562), les épices étant les matrices les plus fréquemment contaminées (60 %), notamment le poivre (91 %) et le cumin (82 %). Parmi les 236 isolats identifiés, six espèces ont été recensées, avec une prédominance de l’espèce C. sakazakii (65 %). L’analyse du génome (cgMLST) a révélé deux schémas de regroupement des isolats : un premier groupe, dont la proximité génétique suggérait une transmission liée à des matières premières potentiellement communes entre différentes marques et provinces, et un second groupe concernant plusieurs lots d’une même marque, qui évoquait plutôt une contamination de l’environnement de production. Lien 1
Chimique
Avis
Allemagne, glycosides cyanogènes, graines de lin
L’agence sanitaire allemande (BfR) rappelle dans un communiqué que les graines de lin, qui contiennent naturellement des glycosides cyanogènes, peuvent libérer de l’acide cyanhydrique lorsqu’elles sont moulues, broyées ou mâchées, par l’action d’enzymes contenues dans les graines. A fortes doses des symptômes d’intoxication aiguë peuvent survenir, comme des difficultés respiratoires et des troubles du rythme cardiaque. Le risque lié à l’acide cyanhydrique est cependant minimisé par les procédés de transformation qui emploient de la chaleur, cette substance ayant un point d’ébullition très bas (26 °C) et les enzymes responsables de sa libération étant inactivées à la chaleur. Le BfR estime qu’un adulte de 70 kg pourrait consommer jusqu’à 28 g de graines de lin contenant la teneur maximale réglementaire de 150 mg/kg d’acide cyanhydrique (à diviser par trois pour tenir compte de la moindre biodisponibilité de l’acide cyanhydrique issu des graines de lin), sans dépassement de la dose de référence aiguë (ARfD) établie par l’EFSA (0,02 mg/kg pc). L’agence écarte ainsi tout risque sanitaire si les recommandations de consommation sont respectées, à savoir 15 à 20 g de graines de lin moulues par jour pour un adulte. Pour un enfant de 15 kg, l’ARfD serait atteinte avec 6 g de graines de lin. Lien 1
Étude
Pays-Bas, ochratoxine A, produits carnés à base de porc
Dans une étude menée aux Pays-Bas entre février et juin 2023, la concentration en ochratoxine A (OTA) a été analysée dans 50 échantillons de produits carnés à base de porc (jambons secs entiers ou tranchés, saucisses sèches) achetés en supermarché. Parmi eux, 20 (soit 40 %) présentaient des teneurs en OTA supérieures à la limite de quantification (0,04 µg/kg), avec une concentration moyenne de 4,1 µg/kg et une médiane de 0,10 µg/kg. Le jambon sec affichait la concentration moyenne la plus élevée (11,6 µg/kg), en raison notamment de certains échantillons fortement contaminés (jusqu’à 79,8 µg/kg). À ce jour, l’Union européenne n’a pas défini de seuils réglementaires pour l’OTA dans les produits carnés. Cependant, certains États membres ont instauré leurs propres limites ou recommandations : par exemple 1 µg/kg pour la viande de porc et ses dérivés (Italie), 5 µg/kg pour les tissus animaux (Pologne), ou encore 10 µg/kg pour le foie de porc (Estonie). Lien 1
Étude
Malaisie, bisphénol A et DEHP, matériaux au contact des aliments
Une étude malaisienne a analysé la migration de deux substances identifiées en Europe comme des perturbateurs endocriniens, le BPA et le DEHP, dans des boissons de type «bubble tea» (n=15) servies dans des gobelets en plastique. Si les quantités moyennes combinées de DEHP et BPA variaient entre 58 µg et 98 µg par boisson selon les marques, sans risque identifié pour le DEHP, le consommateur serait en revanche exposé à une dose de BPA comprise entre 35 µg et 59 µg par boisson. Ces valeurs dépassent largement la dose journalière tolérable fixée pour le BPA par l’EFSA (0,2 ng/kg de poids corporel/jour, soit 12 ng/jour pour un adulte de 60 kg). Les auteurs identifient un risque accru de migration lorsque ces boissons sont préparées avec des perles de tapioca chaudes. Lien 1
Bilan
Chili, dangers chimiques, denrées d’origine animale
Le Service agricole et d’élevage du Chili a publié les résultats du programme de contrôle des résidus et contaminants chimiques dans les produits d’origine animale de l’année 2025, portant sur 9 390 échantillons issus des filières bovine, ovine, porcine, avicole, lait et miel. Le programme couvre des résidus de substances interdites ou à effet anabolisant, des résidus de médicaments vétérinaires et des contaminants chimiques. Seuls trois échantillons ont été déclarés non conformes, soit environ 0,03 %. Il s’agissait de deux échantillons de foie contaminés par la zéaralénone et ses métabolites (?-zéaralénol et ?-zéaralénol), les animaux ayant probablement consommé des aliments contaminés par des mycotoxines de Fusarium, ainsi qu’un échantillon de lait présentant une concentration en dioxines et furanes de 10,8 pg TEQ/g, supérieure à la réglementation. Pour ce dernier une enquête de traçabilité a mené à l’identification probable d’un biofertilisant comme source de contamination. Lien 1
Avis
Europe, dioxines et PCB, chaîne alimentaire
L’EFSA a publié une mise à jour de l’évaluation de 2018 relative à la présence de dioxines et PCB de type dioxine dans les aliments et les aliments pour animaux, en appliquant les nouveaux facteurs d’équivalence toxique proposés par l’OMS en 2022. Ces facteurs permettent de calculer la TEQ (ou équivalent toxique), une unité de mesure qui exprime la toxicité des différentes dioxines par rapport à celle de la dioxine la plus toxique. Un second changement est l’établissement d’une dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 0,6 pg TEQ/kg de poids corporel/semaine, contre 2 pg/kg pc/semaine dans l’avis EFSA de 2018. Malgré une baisse de 27 à 35 % (selon les groupes d’âges) des expositions estimées à l’aide des nouveaux facteurs, les niveaux moyens d’exposition pour la population adolescente et adulte dépassent la nouvelle DHT d’un facteur 3 à 10. Pour ce nouvel avis, plus de 54 000 résultats d’analyse transmis par 26 pays entre 2013 et 2023 ont été analysés. Les produits laitiers et les produits de la pêche étaient les plus forts contributeurs à l’exposition alimentaire dans la majorité des populations européennes. L’EFSA conclut que l’exposition des femmes en âge de procréer soulève une préoccupation sanitaire pour leurs enfants de sexe masculin, l’effet critique retenu étant la diminution de la production spermatique après exposition précoce. Lien 1
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