Le dernier BuSCA
BuSCA n°
164
- 01/10/2026
Editorial
Le comité de rédaction du bulletin de veille sanitaire internationale de la Plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire (SCA) vous présente l’actualité de la quinzaine passée. Bonne lecture !
Biologique
Bilan
Canada, dangers biologiques, aliments
L’agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a publié une série de bilans consacrés aux résultats des programmes nationaux de surveillance des dangers biologiques pour l’année 2025. Lien 1 Le bilan du Programme national de surveillance des contaminants microbiologiques (PNSM) indique un taux élevé de conformité à la fois dans les produits importés (99 %, 1 258 produits testés) ou canadiens (99 %, 4 047 produits testés). Lien 2 Des bilans plus ciblés abordent par exemple la surveillance de Salmonella dans les produits à base de tahini (5 échantillons contaminés sur 908, soit 0,6 %) ou les graines de pavot (absence de contamination). Lien 2
Chimique
Étude
Belgique, dangers issus des MCDA et hydrocarbures d’huiles minérales, alimentation infantile
Dans la perspective d’évolutions réglementaires à venir, une étude en Belgique a ciblé 91 échantillons d’aliments destinés aux nourrissons et jeunes enfants, prélevés au stade de la distribution, susceptibles de contenir du 3-MCPD (3-monochloropropane-1,2-diol), du glycidol et leurs esters d’acides gras. L’échantillonnage ciblait des produits céréaliers et des matrices contenant des graisses végétales. Le 3-MCPD et ses esters ont été quantifiés dans 12 % des échantillons ; avec des concentrations moyennes plus élevés dans les produits contenant des huiles végétales (18,9 µg/kg) que dans les autres matrices (9,2 µg/kg). Les biscottes et collations, riches en matière grasse, figuraient parmi les plus contaminées. Une collation à base de pomme de terre (110 µg/kg) dépassait la nouvelle teneur maximale (TM) de 50 µg/kg applicable au 1er janvier 2027 (contre 125 µg/kg actuellement). Pour le glycidol et ses esters, 4 % des échantillons dépassaient la limite de quantification ; une collation à base de maïs a atteint une concentration de 39 µg/kg, supérieure à la nouvelle TM de 25 µg/kg (actuellement 50 µg/kg). Des analyses complémentaires menées sur 40 des échantillons ont permis d’identifier la présence de MOAH dans 18 % des échantillons ; les concentrations mesurées (0,22-0,55 mg/kg) restaient inférieures aux TM prévues par la future réglementation. Lien 1
Étude
Allemagne, acrylamide, chips de pelures de pommes de terre
Le laboratoire de contrôle officiel de Stuttgart (CVUA), en Allemagne, a mené une étude exploratoire afin de comparer la formation d’acrylamide au cours de deux procédés de préparation de chips de pelures de pommes de terre, cuites soit dans une friteuse à air chaud (airfryer) soit au four. Les teneurs mesurées en acrylamide dépassaient la teneur de référence de 750 µg/kg établie par le Règlement (UE) 2017/2158 d’un facteur 10 pour les préparations au four, et d’un facteur 20 pour les préparations au airfryer. Le CVUA souligne toutefois qu’il s’agit d’un essai ponctuel : les résultats ne sont pas directement transposables à d’autres variétés de pommes de terre, recettes ou paramètres de cuisson. Lien 1
Étude
Pologne, perturbateurs endocriniens, produits laitiers
Une équipe de recherche en Pologne a analysé la présence de 37 perturbateurs endocriniens dans 97 produits laitiers disponibles à la distribution entre 2024 et 2025. Les composés les plus fréquemment détectés étaient le DEP (92/97), le DIBP (90/97), le 2,4-DtBP (88/97), le DCHP (85/97), le DnOP (81/97), la benzophénone (79/97), le BPAF (60/97) et l’ATBC (54/97) ; le BPA n’était détecté que dans 4 échantillons. Les concentrations les plus élevées ont été mesurées pour le 2,4-DtBP dans des échantillons de crème aigre (1 030 µg/kg), lait concentré (1 050 µg/kg), yaourt (1 730 µg/kg), babeurre (2 490 µg/kg) et kéfir (3 580 µg/kg), ainsi que dans un échantillon de kéfir pour l’ATBC (1 960 µg/kg). Les produits fermentés, riches en matières grasses et/ou conditionnés en polystyrène présentaient des niveaux significativement plus élevés pour plusieurs composés. Lien 1
Étude
Europe, mycotoxines et phytotoxines, substituts de produits carnés
Une étude a analysé la présence de mycotoxines et alcaloïdes tropaniques ou pyrrolizidiniques dans 101 substituts de produits carnés ou ingrédients entrant dans leur composition (protéines, farines, produits extrudés, préparations pour burgers végétaux), commercialisés en Europe centrale. Parmi les 57 mycotoxines recherchés, 25 ont été détectées ; les enniatines et les mycotoxines d’Alternaria étaient les plus fréquentes. Par ailleurs, huit alcaloïdes de plantes ont également été détectés. Les alcaloïdes tropaniques de Datura étaient les plus fréquents (atropine et scopolamine), notamment dans le soja et produits à base de soja extrudés. Dans un scénario où les produits carnés seraient intégralement substitués par des alternatives végétales, les auteurs identifient des préoccupations sanitaires associées à la présence d’AFB1, de toxines d’Alternaria et d’alcaloïdes tropaniques (atropine/scopolamine) Lien 1
Étude
États-Unis, PFAS, aliments contributeurs à l’exposition
Une étude aux États-Unis a combiné deux approches afin de hiérarchiser les principaux contributeurs à l’exposition alimentaire pour sept PFAS « historiques » : un modèle croisant les concentrations issues de la surveillance nationale de la chaîne alimentaire avec les données de consommation alimentaire, et un modèle reliant consommation et concentrations sériques (cohorte NHANES, 2003-2020). Selon la première approche, les mollusques et crustacés constituaient de loin le premier contributeur (43,2 %), devant l’eau potable (15,5 %), les produits laitiers (14,4 %), les viandes (10,4 %), les poissons (9,2 %) et les aliments d’origine végétale (7,4 %). La seconde approche confirme la contribution élevée des mollusques/crustacés à l’exposition, tandis que l’eau potable demeure une source majeure d’exposition dans les zones fortement contaminées. Lien 1
Étude
États-Unis, PFAS, vins
Une équipe de recherche a analysé la présence de PFAS dans 25 vins commerciaux achetés au détail aux États-Unis : 10 vins rouges et cinq vins blancs, rosés ou effervescents, provenant de plusieurs régions viticoles dont la France et l’Italie. Parmi les 42 composés recherchés, quatre PFAS à chaîne ultra-courte ou courte (TFA, TFMS, PFPrA et PFBA) ont été détectés dans l’ensemble des vins. Le TFA dominait très largement, avec des concentrations comprises entre 20,8 et 406 µg/L. Aucune différence significative n’a été observée entre les types de vin ou les régions d’origine. Lien 1
Bilan
Canada, dangers chimiques, aliments
Au Canada, l’Agence d’inspection des aliments (ACIA) a publié le bilan 2022-2023 du Programme national de surveillance des résidus et contaminants chimiques (NCRMP). Environ 15 500 échantillons alimentaires ont été collectés au cours de cette période, répartis à peu près équitablement entre le Canada et l’import. Les produits canadiens affichent un taux de conformité plus élevé (98,2 %) que les produits importés (96,9 %), à deux exceptions près : les œufs de poule et le miel. Pour les œufs, les non-conformités tiennent surtout à la présence de nicarbazine, antiparasitaire non autorisé chez les poules pondeuses au Canada, très probablement due à une contamination croisée lors de la préparation de leur alimentation. Pour le miel, elles sont liées à des teneurs en glyphosate supérieures à la LMR canadienne. Lien 1 D'autres bilans plus ciblés ont par ailleurs été mis en ligne sur le site de l'agence au premier semestre 2026, consacrés notamment aux dioxines, phtalates, bisphénol A. Lien 2
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