Le dernier BuSCA
BuSCA n°
160
- 09/07/2026
Editorial
Le comité de rédaction du bulletin de veille sanitaire internationale de la Plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire (SCA) vous présente l’actualité de la quinzaine passée dans le domaine. Bonne lecture !
Biologique
Bilan
Allemagne, maladies infectieuses, aliments
Le RKI a publié son bilan annuel 2024 des maladies infectieuses en Allemagne. Au total 188 épidémies d'origine alimentaire ont été recensées, dont 75 pour lesquelles l’aliment en cause a été identifié. Parmi les infections gastro-intestinales, les infections à EHEC ont dépassé 4 500 cas, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis l’instauration du système de déclaration obligatoire national des infections à EHEC/STEC, en 2001. Les cas de shigellose ont également fortement augmenté. Les infections à Cryptosporidium ont atteint un niveau historique avec près de 3 300 cas. Les entérites à Campylobacter, avec près de 46 000 cas déclarés, sont restées les infections bactériennes diarrhéiques les plus fréquentes. Selon le RKI, ces augmentations s'expliquent en partie par l'évolution des définitions de cas et par le recours croissant aux tests moléculaires multiplex (PCR), qui améliorent la détection des agents pathogènes. Les produits carnés constituaient la principale catégorie d'aliments impliquée, avec 17 épidémies à Campylobacter et 16 à Salmonella. Les œufs et ovoproduits étaient exclusivement impliqués dans les épidémies à Salmonella (n=12). Une épidémie à EHEC a été attribuée à des produits de la mer, tandis que les quelques épisodes de shigellose documentés étaient liés aux fruits et légumes. Lien 1
Suivi
Europe, Salmonella Stanley ST2045, produits transformés à base de poulet
Au 1er juillet 2026, l’EFSA et l’ECDC ont actualisé les informations relatives à l’épidémie de Salmonella Stanley ST2045, en cours depuis janvier 2026 (BuSCA 158). Au total, 106 cas ont été recensés dans 13 pays européens, principalement chez les enfants et les jeunes adultes. Les investigations ont permis d’identifier des nouilles instantanées aromatisées produites en Ukraine comme source de l’épidémie. La souche épidémique isolée de lots de nouilles à base de poulet a été caractérisée par séquençage du génome complet. Ces produits ont fait l’objet d’une procédure de retrait et de rappel. D’une manière générale, les autorités sanitaires insistent sur l’importance pour les consommateurs de respecter scrupuleusement les instructions de préparation des produits avant leur consommation. Lien 1
Biologique et Chimique
Bilan
Europe, alertes, aliments
Le réseau européen d’alerte et de coopération (ACN), qui regroupe le RASFF et les réseaux d’assistance administrative et de coopération (AAC), permet aux autorités compétentes d’échanger rapidement des informations relatives aux risques liés à la chaîne alimentaire. En 2025, l’ACN a dépassé les 10 000 notifications. Parmi les catégories alimentaires les plus concernées, les fruits et légumes représentaient environ 18 % des notifications (1 572 cas), les principaux dangers signalés étant les résidus de pesticides (notamment chlorpyrifos et acétamipride), suivis des mycotoxines. Le rapport rappelle également plusieurs événements marquants, dont une épidémie à Salmonella Strathcona (BuSCA 123 et 143) survenue entre 2023 et 2025 impliquant des tomates d’Italie et une épidémie à Listeria monocytogenes liée à des fromages produits en France ayant entraîné des décès (BuSCA 139). Les compléments alimentaires et les aliments adaptés à des besoins nutritionnels spécifiques demeurent la catégorie la plus fréquemment concernée par les suspicions de fraude. Enfin, l’identification d’un fournisseur commun à l’origine d’une contamination à la céréulide dans des préparations pour nourrissons illustre l’intérêt du réseau pour améliorer la traçabilité et mettre en œuvre rapidement des mesures de gestion ciblées. Lien 1
Chimique
Bilan
Europe, histamine, poissons
La Commission européenne a publié en 2025 un rapport présentant les résultats d'une enquête menée auprès des 27 États membres afin d'évaluer les pratiques de contrôle officiel de l'histamine dans les poissons et les produits de la pêche. Cette enquête a mis en évidence une hétérogénéité importante des approches nationales, tant en ce qui concerne les méthodes analytiques utilisées que les plans d'échantillonnage appliqués, dans un contexte marqué par l'absence de laboratoire de référence de l'Union européenne pour l'histamine. La norme EN ISO 19343 qui constitue la méthode analytique de référence de l’UE est utilisée par environ la moitié des États membres. La réglementation de l'UE (EC) 2073/2005 permet aux opérateurs d'utiliser des méthodes d'analyse alternatives pour la quantification de l’histamine, cependant elle ne précise pas de critères de performance pour celles-ci. L’UE recommande à tous les États membres de faire appel à des laboratoires accrédités pour l’analyse de l’histamine. Toutefois, au moment de l’enquête, seuls 17 des 27 États répondaient à cette recommandation et 12 États avaient désigné un laboratoire national de référence. Lien 1
Étude
Italie, mycotoxines, fromages
Une étude a évalué la présence d’aflatoxine M1 (AFM1) et d’aflatoxicol (AFX), deux métabolites de l’aflatoxine B1, ainsi que de la stérigmatocystine (STC, précurseur biosynthétique de l’AFB1) dans 435 échantillons de fromages prélevés dans des points de vente en Italie. L'AFM1 et la STC ont été détectées dans 41,3 % à 63,9 % des échantillons, selon le type de fromage, avec une fréquence de contamination plus élevée dans les fromages fabriqués à partir de lait de brebis que dans ceux élaborés à partir de lait de bufflonne ou de chèvre. En revanche, l'AFX n'a été détecté dans aucun des échantillons analysés. Tous les échantillons contenant de l'AFM1 présentaient des teneurs conformes aux limites maximales réglementaires applicables aux différentes catégories de fromages selon leur teneur en humidité. Les concentrations en STC variaient de 6,8 à 13,1 ng/kg. À ce jour, aucun niveau maximal n'a été établi dans la législation européenne pour la STC ni pour l'AFX. Lien 1
Étude
Italie, alcaloïdes quinolizidiniques, aliments d’origine végétale (lupin)
Une étude a évalué la présence de 14 alcaloïdes quinolizidiniques dans 28 échantillons de produits commerciaux à base de lupin collectés sur le marché italien entre 2025 et 2026. Les échantillons de lupins séchés ont montré la concentration la plus élevée (moyenne : 13 676 mg/kg), avec un maximum de 18 663 mg/kg, 15 échantillons dépassant le seuil de référence international de 200 mg/kg proposé par l’Agence sanitaire Food Standards Australia New Zealand, en l’absence de limite maximale harmonisée dans l’Union européenne. Les niveaux plus faibles ont été détectés dans les farines de lupin (moyenne : 253 mg/kg), les lupins saumurés (moyenne : 86,1 mg/kg) et les produits prêts à l’emploi (moyenne : 70,3 mg/kg), la lupanine étant l’alcaloïde prédominant dans la plupart des matrices alimentaires. Lien 1
Étude
Inde, pesticides, riz
Dans une étude, 35 résidus de pesticides ont été recherchés dans 24 échantillons de riz commercialisés en Inde. Au total, 14 de ces pesticides ont été détectés, notamment dans cinq échantillons de riz basmati blanc analysés et quatre des sept échantillons de riz complet. Des dépassements des LMR fixées par l'UE et par l'Autorité indienne de sécurité et de normalisation des aliments (FSSAI) ont été identifiés pour les fongicides (bénomyl et carbendazime, propiconazole, isoprothiolane) et les insecticides (buprofézine, thiaméthoxame, profénofos). Parmi les résidus d’insecticides, l'imidaclopride a dépassé les LMR de l’UE d'environ 1,5 à 3,5 fois selon le type de riz analysé. Les concentrations du fongicide tricyclazole ont dépassé jusqu’à 64,5 fois la LMR de l’UE, tout en restant conformes aux normes FSSAI indiennes et celles du Codex, illustrant un écart réglementaire important. Parmi les trois méthodes de préparation utilisées, le triple lavage suivi de la cuisson s'est avéré une stratégie efficace de réduction des résidus, diminuant la plupart des composés de 84 à 99 %. Cependant, le tricyclazole et le profénofos, tous deux aujourd’hui interdits en UE, sont restés relativement persistants. Lien 1 En France en 2021, environ 5 % du riz était importé d'Inde. Lien 2
Étude
Turquie, ochratoxine A, figues séchées
Une étude visant à rechercher l’ochratoxine A dans 441 échantillons de figues séchées prélevés au stade de la production en Turquie a été menée en 2025. L’ochratoxine A a été détectée dans 152 échantillons, tandis que 68 échantillons dépassaient le seuil européen de 8 µg/kg. Les concentrations mesurées étaient comprises entre 1,1 et 392 µg/kg. Lien 1
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