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VSI Plateforme SCA
BuSCA n° 162 - 03/09/2026

Editorial

Le comité de rédaction du bulletin de veille sanitaire internationale de la Plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire (SCA) vous présente l’actualité de la quinzaine passée. Bonne lecture et bonne rentrée ! 

Biologique Chimique
Biologique
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Évènement
Royaume-Uni, Salmonella Enteritidis, oeufs
Au Royaume-Uni, les autorités sanitaires ont rapporté une épidémie de salmonellose. Au total 207 cas ont été confirmés entre le 11 août 2025 et le 1er août 2026, dont 206 survenus en 2026. La consommation d'œufs importés demeure à ce jour le facteur causal le plus fortement suspecté. Les souches de Salmonella Enteritidis impliquées dans cette épidémie étaient phylogénétiquement liées à une précédente épidémie survenue au Royaume-Uni en 2025, elle aussi associée à des œufs importés. Lien 1
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Étude
Europe, Salmonella Enteritidis ST11, produits à base d’œufs
L’EFSA a publié les résultats des investigations épidémiologiques menées à la suite de quatre foyers de salmonellose survenus en France entre mai et juillet 2026 et associés à la consommation de préparations à base d’œufs. Cette association a été étayée par l’identification, au domicile des patients, de cinq isolats issus d’œufs et de produits à base d’œufs, appartenant à deux souches distinctes et correspondant aux souches humaines caractérisant les foyers. Un réseau commun de distribution des œufs a été identifié, impliquant deux centres de conditionnement et trois élevages de poules pondeuses appartenant au même groupe agroalimentaire polonais, déjà impliqué dans une épidémie européenne survenue entre 2016 et 2020. Ces éléments sont compatibles avec l’hypothèse d’une persistance de la contamination ou d’une réintroduction de la souche en amont de la chaîne de production. Lien 1
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Étude
Europe, indicateurs microbiens et pathogènes, substituts végétaux de produits carnés
L’EFSA a publié une revue de la littérature portant sur la prévalence des dangers microbiologiques dans les aliments d’origine végétale, qu’ils soient prêts à manger ou non, ainsi que sur les épidémies associées à cette catégorie d’aliments. Une étude a mis en évidence une croissance à des niveaux élevés de Listeria monocytogenes, Salmonella et Bacillus cereus dans des substituts de produits laitiers à base de plantes, notamment à base de noix de coco, d’amande et de noix de cajou. En Europe, en 2022 deux épidémies associées à des substituts de produits laitiers ont été rapportées : l’une liée à la consommation de substituts de fromage contaminés par Listeria monocytogenes, et l’autre à un substitut de lait à base d’avoine contaminé par Bacillus cereus. Lien 1
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Étude
Serbie, Trichinella britovi, porcs
En 2023, deux foyers familiaux distincts de trichinellose ont été identifiés dans les régions de Grocka et de Dolovo en Serbie. La source de l’infection était un produit carné préparé à partir de porcs élevés pour la consommation personnelle. Selon les auteurs ces résultats constituent les premiers cas documentés d'infection à Trichinella britovi chez les porcs domestiques en Serbie. Lien 1
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Étude
États-Unis, rappels, aliments
La FDA a publié une analyse multivariée rétrospective de 26 877 rappels à haut risque (classe 1) notifiés aux États-Unis entre 2012 et 2024. La contamination microbienne et les allergènes non déclarés représentaient la majorité des rappels et constituaient les principales catégories de danger associées à la classification de classe 1. Au niveau des catégories de produit, la plupart n'étaient pas significativement associées à la classe 1, excepté pour les noix et les graines (OR ajusté = 2,05, IC à 95 % : 1,11 - 3,80 ; p = 0,022). En revanche, les céréales, le riz, les pâtes et les nouilles (ORa = 0,52, IC à 95 % : 0,32 - 0,84 ; p = 0,007) et les boissons (ORa = 0,46, IC à 95 % : 0,25 - 0,83 ; p = 0,011) étaient associés aux probabilités les plus faibles. Lien 1
Chimique
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Étude
Espagne, tétrodotoxines, produits de la mer
Les tétrotodoxines sont des biotoxines marines d’origine bactérienne particulièrement bioaccumulées par le poisson-globe mais également d’autres espèces. En Espagne, la présence de tétrodotoxine (TTX) ainsi que 12 de ses analogues a été recherchée dans 195 échantillons de produits de la mer - mollusques bivalves, cnidaires, crustacés, échinodermes et gastéropodes - prélevés sur les côtes de Galice entre 2021 et 2022. Les résultats ont révélé la présence de TTX et de 11-déoxy-TTX dans 19 échantillons, principalement des patelles (n = 11) et des ormeaux (n = 3). Les concentrations totales, exprimées en équivalent TTX, variaient de 1,3 à 40,8 µg éq. TTX/kg, restant ainsi inférieures au seuil de 44 µg équiv. TTX/kg recommandé par l’EFSA. Lien 1 Toutefois, un spécimen d’étrille (Necora puber) présentait une concentration de 40,8 µg/kg, approchant ce repère. Selon les auteurs, il s’agirait de la première détection de ces molécules dans l’ormeau et l’anémone verte en Europe, tandis que la présence de TTX dans l’étrille n’avait, jusqu’alors, jamais été documentée dans aucun pays. Lien 2
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Étude
Pologne, éléments traces métalliques, œufs de poule
En Pologne, une étude a comparé les concentrations en cadmium (Cd) et plomb (Pb) d’œufs issus d’élevage plein air (n = 35), au sol (n = 20) ou en cage (n = 19). Des concentrations supérieures aux limites de quantification ont été mesurées pour au moins un des deux éléments dans 85 % des oeufs, le Pb étant nettement plus fréquemment quantifié que le Cd quelle que soit l’origine des œufs. Les concentrations en Cd mesurées étaient faibles (moyenne 0,009 mg/kg, maximum 0,034 mg/kg), tandis que le Pb atteignait en moyenne 0,204 mg/kg et jusqu'à 0,509 mg/kg. Aucune teneur maximale réglementaire n’est établie pour ces deux éléments dans les œufs de poule. Par ailleurs, les auteurs n’ont pas identifié de différence statistiquement significative entre systèmes d'élevage. Lien 1 Après l’Espagne, la Pologne est le deuxième pays fournisseur d’œufs de la France. Lien 2
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Étude
Pologne, mercure, compléments alimentaires à destination des sportifs
Une étude polonaise a évalué la teneur en mercure de 50 compléments alimentaires destinés aux sportifs, achetés en supermarché ou en ligne entre 2025 et 2026. Les concentrations en mercure total variaient de 0,395 à 51,7 µg/kg, sans dépasser la limite européenne de 0,10 mg/kg. Les compléments électrolytiques affichaient la concentration médiane la plus élevée (28,8 µg/kg), suivis des acides aminés (22,3 µg/kg). Cependant, trois gels énergétiques, dont la consommation peut atteindre 300 g par jour, présentaient un risque pour la santé du consommateur dans le scénario le plus défavorable, où la totalité du mercure détecté serait du méthylmercure. Lien 1
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Étude
Europe, sildénafil et tadalafil, miels et produits à base de miel
Entre février 2014 et juin 2026, le système RASFF a enregistré 79 notifications concernant du miel ou des produits à base de miel (céréales, sucreries, compléments alimentaires, etc.), dont 51 associées à des dangers chimiques. La présence illégale de sildénafil et tadalafil — des substances utilisées dans le traitement des troubles érectiles — a été signalée à 14 reprises, ce qui en fait le deuxième groupe de contaminants chimiques le plus fréquent, après les médicaments vétérinaires. Depuis 2021, de telles notifications sont enregistrées chaque année, à raison d’une à quatre par an, indiquant une persistance, voire une augmentation, de ce type d’adultération. Ces molécules sont en effet interdites dans l’alimentation et les compléments alimentaires en Europe, leur présence constituant une fraude et pouvant entraîner des effets néfastes pour la santé. A titre d’exemple, un complément à base de miel thaïlandais contenait jusqu’à 9,57 mg/g de sildénafil, ce qui, pour un consommateur respectant la posologie indiquée sur le paquet (20 g/j), l’exposerait à une quantité deux fois supérieure à la dose maximale recommandée. Lien 1 En France les douanes constatent depuis quelques années une tendance à la hausse de l’importation illégale de « miels érectiles », avec plus de 13 tonnes saisies en 2024. Lien 2
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Étude
Europe, résidus de pesticides, nectarines
En Allemagne, le laboratoire d'analyses chimiques et vétérinaires de Stuttgart (CVUA) a analysé, entre 2025 et juin 2026, 44 échantillons de nectarines issues de l’agriculture conventionnelle en provenance d'Espagne (21), d'Italie (8), d'Afrique du Sud (12) et du Chili (3). Un seul dépassement des LMR européennes a été identifié, concernant la présence de formétanate (LMR : 0,01 mg/kg) dans un échantillon espagnol. Les échantillons sud-africains et chiliens présentaient toutefois une concentration moyenne en résidus supérieure à celle des échantillons européens (1,43 contre 0,29 mg/kg), en raison notamment de la présence de fludioxonil, détecté dans la totalité des 15 échantillons de l'hémisphère Sud, contre 14 des 29 échantillons européens. Lien 1
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Étude
Europe, mycotoxines et phytotoxines, rooibos
La contamination du rooibos par les alcaloïdes pyrrolizidiniques (n=32), les alcaloïdes tropaniques (n=16) et les mycotoxines (n=56) a été documentée dans 203 échantillons collectés au stade de la distribution en 2024, dans 18 pays européens dont la France. Alors que la contamination par les alcaloïdes tropaniques restait exceptionnelle (deux échantillons), les alcaloïdes pyrrolizidiniques étaient quantifiés dans 87 % des échantillons, avec une concentration moyenne de 46,9 µg/kg pour leur somme totale — l'ensemble des valeurs demeurant néanmoins inférieur à la teneur maximale européenne de 400 µg/kg. En complément, une cinquantaine d’échantillons prélevés en République tchèque en 2020 (année d’entrée en vigueur du règlement européen) et 2026 indiquent une baisse globale de la contamination du rooibos par les alcaloïdes pyrrolizidiniques, malgré quelques échantillons non conformes en 2026. Concernant les mycotoxines, les toxines d’Alternaria étaient les plus fréquemment détectées, notamment l’acide ténuazonique (100 %), l’alternariol monométhyl éther (86 %) et l’alternariol (80 %). Lien 1

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Étude
Maroc, résidus de pesticides, baies et petits fruits
Une étude menée dans le nord du Maroc a analysé la présence de 130 résidus de pesticides dans des fruits rouges (87 framboises, 60 fraises, 30 myrtilles) collectés au stade de la distribution ou auprès des producteurs, entre 2023 et 2024. Des résidus ont été détectés dans 93 % des framboises, 83 % des myrtilles et 80 % des fraises, avec des concentrations comprises entre 0,0013 mg/kg et 4,54 mg/kg. Parmi les 30 pesticides identifiés, les fongicides dominaient, en particulier le difénoconazole (42 %), le fludioxonil (29 %) et le cyprodinil (23 %). Sur la base des LMR en vigueur au Maroc, un seul échantillon a été jugé non conforme. En revanche, 11 des 177 échantillons de fraises et framboises (6 %) ne satisfaisaient pas les normes européennes, dont trois contenaient de l’imidaclopride et du spirotétramate, deux substances non autorisées. Lien 1
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Étude
Turquie, aflatoxines, noisettes
Une étude menée en Turquie a documenté la contamination par les aflatoxines de 3 895 échantillons de noisettes collectés dans la principale région productrice, dans le cadre de contrôles officiels menés entre 2014 et 2024. Des concentrations en aflatoxines supérieures aux limites de quantification étaient mesurées dans 56 à 84 % des échantillons en fonction des années, l’AFB1 étant la plus fréquemment quantifiée (46 à 66 % des échantillons). Les concentrations moyennes annuelles en aflatoxines totales variaient de 0,37 à 1,15 µg/kg. Sur l’ensemble de la période étudiée, 23 (0,59 %) échantillons dépassaient la limite européenne établie pour l’AFB1 (5,0 µg/kg) et 11 (0,28 %) échantillons celle applicable à la somme des aflatoxines (10,0 µg/kg). Lien 1
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Étude
Brésil, plomb, compléments alimentaires à base de thé vert
Une étude au Brésil s’est intéressée à la présence d’éléments traces métalliques dans des compléments alimentaires à base de thé vert. Onze lots, issus de six marques et achetés dans des magasins spécialisés de Rio de Janeiro, ont été analysés : les concentrations mesurées s’échelonnaient entre 0,10–0,49 mg/kg pour l’arsenic, 0,025–0,28 mg/kg pour le cadmium et 0,25–4,54 mg/kg pour le plomb. Deux lots d’une même marque contenant 4,5 mg/kg de plomb dépassaient la teneur maximale en plomb autorisée par l’UE dans les compléments alimentaires (3,0 mg/kg). Lien 1
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Étude
Chine, composés furaniques, café
Le café est identifié par l’EFSA comme le principal contributeur à l’exposition alimentaire aux composés furaniques, des composés néoformés lors de la torréfaction. Dans ce contexte, une équipe de recherche chinoise a documenté la présence de ces composés dans 214 produits à base de cafés dont des produits en provenance de France, comprenant 33 échantillons de grains, 34 échantillons de café moulu, 32 échantillons de café soluble et 115 boissons à emporter, prélevés entre 2022 et 2024. Le furane et le 2-méthylfurane étaient les composés les plus fréquemment détectés (98 %). Les concentrations moyennes en furane étaient les plus élevées dans les grains (4 679 µg/kg) et le café moulu (2 993 µg/kg), contre 293 µg/kg dans le café instantané et 40 µg/kg dans les cafés à emporter. Malgré leurs teneurs beaucoup plus faibles, ces derniers constituaient cependant la principale source d'exposition en raison de leur niveau de consommation. Lien 1 Le furane n’est pas réglementé en Europe mais l’AFSCA en Belgique a par exemple fixé une concentration acceptable de 1 000 µg/kg pour le café en grains. Lien 2

Le BuSCA est diffusé sous licence   CC BY-NC-ND 4.0 cc by nc nd

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