BuSCA n° 36 - 04/03/2021
Editorial
Avec ce bulletin de veille, fourni en événements et études sur des contaminants biologiques, ainsi qu’un bilan RASFF sur les contaminations à l’oxyde d’éthylène, le comité éditorial vous propose un focus sur les nouveaux modes et pratiques de consommation alimentaire, et les perspectives en matière de surveillance sanitaire.
Biologique
Bilan
Europe, maladies transmissibles par les aliments
Le rapport de l’Efsa et de l’ECDC sur les zoonoses en Europe en 2019 est paru. Les quatre zoonoses les plus fréquentes sont la campylobactériose, la salmonellose, les infections à STEC et la yersiniose. L’incidence de ces quatre maladies est stable, exceptée celle des infections à STEC qui est en augmentation. L’incidence de la listériose est stable depuis 2015 ; elle était auparavant en augmentation depuis plusieurs années. Le rapport fait également le bilan des plans de surveillance en production primaire. Lien 1
Étude
Europe, parasites
Une étude dresse le bilan des systèmes de surveillance et de notifications dans 35 pays européens pour cinq parasites transmissibles par voie alimentaire : Echinococcus multilocularis, Toxoplasma gondii, Trichinella spiralis, E. granulosus, et Cryptosporidium spp. Il s’agit des cinq parasites précédemment classés prioritaires au niveau européen. Lien 2 La surveillance est jugée adéquate pour T. spiralis, qui fait l’objet d’une surveillance active encadrée par une directive de l’UE. Pour les autres parasites la surveillance est le plus souvent uniquement événementielle et les systèmes de notification diffèrent entre pays et régions. Lien 1
Étude
Monde, Campylobacter,
Cette étude évalue l’intérêt d’utiliser une approche “Machine learning” pour comparer les séquences d’ADN d’une collection de souches de Campylobacter jejuni et Campylobacter coli obtenues par WGS. L’objectif est de définir le type de source (volailles, bovins, ovins, environnement, oiseaux sauvages) à l’origine des cas humains. L’utilisation d’un algorithme de "Machine learning” pour analyser les séquences génétiques (kmer, cg-MLST) améliorerait de 33 % la précision de l’attribution des sources par rapport aux méthodes standards qui n’utilisent qu’un sous-ensemble de gènes. Lien 1
Étude
USA, Campylobacter, viande de volailles
Une étude compare l’évolution de 1994 à 2018, aux USA, des contaminations par Campylobacter des viandes de volailles et le nombre de cas humains de campylobactériose. Les données sur les volailles sont issues de prélèvements à l’abattoir ou à la distribution. Les données humaines sont issues d’une surveillance active. La contamination des viandes et le nombre de cas humains ont diminué de façon conjointe de 1994 à 2005. Les cas de contamination des viandes ont continué à diminuer entre 2013 et 2018, sans réduction similaire du taux de campylobactériose chez l’Homme ; ceci suggère que la part des cas de campylobactériose associée à la consommation de poulet aurait diminué. La diminution de la contamination des viandes est attribuée à l’application de mesures non-spécifiques visant à réduire la contamination microbienne dans les abattoirs. Lien 1
Étude
USA, Listeria monocytogenes , avocats
Aux USA, aucun cas de listériose n’a encore été associé à la consommation d’avocats, mais des souches de Listeria monocytogenes ont déjà été isolées dans cette matrice. Cette étude rétrospective d’une base de données a analysé tous les clusters contenant au moins une souche humaine et une souche provenant d’avocats. Les auteurs concluent que pour trois clusters, les avocats pourraient être la source de la contamination. Lien 1
Étude
Europe (cas) et Pologne (source), Salmonella Enteritidis, poulet
De mai 2018 à décembre 2020, 193 cas humains d’infections à Salmonella Enteritidis (ST11) survenus au Royaume-Uni (122 cas), en France (33 cas) et dans sept autres pays de l’UE ont pu être regroupés en un épisode unique suite aux analyses WGS des isolats. Les enquêtes épidémiologiques ont permis de relier cet épisode à la consommation de produits transformés à base de poulet pané, surgelés et fabriqués en Pologne. Lien 1.
Évènement
USA, Listeria monocytogenes , fromage frais
Aux USA, 11 cas de listériose, dont un décès, survenus entre octobre 2020 et février 2021 dans quatre États ont été reliés à la consommation de fromages frais contaminés par Listeria monocytogenes. Lien 1
Évènement
Finlande (cas) et Pologne (source), Salmonella, tomates congelées
Évènement
France, norovirus, coquillages
En Gironde, 12 TIAC à norovirus liées à la consommation de coquillages issus du bassin d’Arcachon ont été signalées (situation au 23/02), dont la première au 08/02/21. La pêche, la commercialisation et la consommation de l’ensemble des coquillages du bassin d’Arcachon sont interdites depuis le 18/02. Cet épisode aurait été causé par des rejets d’eaux usées lors des inondations. Lien 1
Chimique
Étude
Irlande, néonicotinoïdes, miel
En Irlande, trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaclopride) ont été recherchés dans des échantillons de miel de 30 ruches. Au moins un composé a été détecté dans 70 % des échantillons et au moins deux dans 48 %. Cependant, les concentrations retrouvées étaient inférieures aux limites maximales de résidus fixées par la réglementation européenne. Lien 1 En France, dans le cadre du plan de contrôle de la DGAL, les résidus de pesticides, dont les néonicotinoïdes, ont été recherchés dans 45 échantillons de miel en 2019 ; aucune non-conformité n’a été constatée. Lien 2
Suivi
Europe, oxyde d’éthylène, graines de sésame
Le BuSCA n°28 avait rapporté une contamination élevée à l’oxyde d’éthylène de plus de 250 tonnes de graines de sésame importées en Europe en provenance d’Inde. La notification initiale au Rasff avait été faite le 09/09/2020 par les autorités belges. Depuis, 526 autres notifications ont été effectuées par 24 pays différents (au 28/02/21). Ces notifications ont été faites à 88 % sur la base d’un autocontrôle par un professionnel. Les produits concernés sont en très grande majorité des graines de sésame et des produits en contenant. Depuis décembre, quelques notifications concernent d’autres produits importés d’Inde tels du gingembre, du curcuma, des échalotes séchées, de l’amarante, du psyllium, du gombo. De 2018 à 2019, seules deux notifications avaient concerné l’oxyde d’éthylène. Lien 1
Le BuSCA est diffusé sous licence
CC BY-NC-ND 4.0