BuSCA n° 158 - 12/06/2026
Editorial
Le comité de rédaction du bulletin de veille sanitaire internationale de la Plateforme de surveillance de la chaîne alimentaire (SCA) vous présente l’actualité de la quinzaine passée dans le domaine. Bonne lecture !
Biologique
Évènement
États-Unis, Salmonella spp., poudre de moringa
Aux États-Unis, les autorités sanitaires enquêtent sur deux épidémies de salmonellose liées à la consommation de gélules ou poudres de feuilles de Moringa olifeira, commercialisées en tant que compléments alimentaires. La première épidémie compte 18 cas d’intoxications liés à la consommation de gélules distribuées en ligne qui ont fait l’objet d’un rappel par l’entreprise concernée. La seconde épidémie touche 119 cas et les deux entreprises incriminées ont également procédé au rappel des lots. Lien 1 En France, le site Rappel Conso mentionne le rappel de sachets de poudre de moringa à la suite d’une suspicion de contamination par des salmonelles, sans qu’un lien soit établi à ce jour entre les différentes marques distributeurs. Lien 2
Évènement
Belgique, Salmonella Enteritidis, oeufs
En Belgique, une épidémie d’intoxication à Salmonella Enteritidis liée à la consommation d’œufs de poules est en cours d’investigation, avec 236 cas signalés entre le 19 février 2025 et le 11 mai 2026. La souche épidémique a été détectée dans un échantillon environnemental prélevé dans un poulailler d’une entreprise belge, laquelle a procédé au rappel des lots concernés. Lien 1 L’évènement a fait l’objet d’une notification au RASFF (n° 2026.4346) qui indique que les œufs ont également été distribués en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Lien 2
Évènement
Suède, Norovirus, algues nori
En Suède, 300 cas d’intoxications à norovirus liés à la consommation d’algues nori grillées ont été signalés aux autorités sanitaires. Les produits, en provenance de Corée du Sud, ont fait l’objet d’une notification au RASFF sous le numéro 2026-4123. Lien 1
Évènement
Europe, Salmonella Stanley ST2045, produits transformés à base de poulet
Une épidémie d’intoxication à Salmonella Stanley ST2045 est en cours dans plusieurs pays européens. D’après un communiqué de l’ECDC, 83 cas confirmés ont été signalés entre fin décembre 2025 et mai 2026 et 26 cas sont en cours d’investigation, en majorité des enfants et jeunes adultes. Les pays concernés à date sont l’Autriche, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, la France, l’Allemagne, la Lituanie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. A ce stade, les enquêtes épidémiologiques et microbiologiques identifieraient des nouilles instantanées « arôme poulet » et/ou des produits transformés à base de poulet comme source potentielle de contamination. Lien 1
Chimique
Étude
Monde, risques chimiques émergents, produits de la mer
Une revue de la littérature a analysé les risques chimiques émergents associés aux produits de la mer, étudiés entre 2024 et 2025. Parmi les 15 études identifiées, 47 % ont été réalisées en Asie et 27 % en Europe. Les contaminants les plus fréquemment investigués étaient les microplastiques (25 %), les résidus de pesticides (20 %), les PFAS, les retardateurs de flamme et plastifiants (10 %). Seules 5 % des études portaient sur les résidus pharmaceutiques, et aucune n’a abordé les résidus de produits cosmétiques. Les évaluations de risque réalisées dans ces études ont notamment révélé des préoccupations liées à la persistance de certains pesticides organochlorés au Brésil, en Afrique du Sud et en Tunisie. Elles ont également mis en évidence des niveaux problématiques de retardateurs de flamme bromés dans les mangroves brésiliennes, ainsi que la présence de bisphénols et de phtalates dans les rejets industriels en Inde. Enfin, des niveaux élevés de microplastiques ont été observés en Inde, et dans une moindre mesure à Taïwan et au Portugal. Lien 1
Étude
Suède, plomb, gibier
Une étude suédoise signale des concentrations de plomb élevées dans des échantillons de viande hachée de gibier. En 2019 et 2022, un total de 200 échantillons de viandes hachées d’élan ou de sanglier a été prélevé au stade de la transformation ou de la distribution puis analysé par l’autorité suédoise des aliments (SFA). La concentration moyenne des échantillons quantifiés (111/200) atteignait 1 124 µg/kg avec une concentration maximale observée de 56 177 µg/kg dans un échantillon de viande de sanglier. La réglementation européenne ne fixe pas de seuil pour le plomb dans la viande de gibier mais elle établit une limite de 100 µg/kg pour les viandes de bovins, porcins et de volailles. A titre indicatif, 17 % des échantillons prélevés en 2019 et 20 % de ceux prélevés en 2022 dépassaient cette valeur. En dépit des recommandations sur la composition des munitions à utiliser pour chasser le gibier, formulées en Suède en 2014 puis réitérées en 2019, la comparaison des concentrations observées en 2019 et 2022 ne montre pas de diminution significative. Lien 1
Étude
Allemagne, acrylamide, olives et tapenades
Une étude menée en Allemagne s’est intéressée à la présence d’acrylamide dans des olives de table (n=211) et tapenades (n=29) prélevées au stade de la distribution. Les concentrations en acrylamide étaient comprises entre 1 et 316 µg/kg dans les olives vertes, entre 1,1 et 229 µg/kg dans les olives naturellement noires et entre 42 et 1 070 µg/kg dans les olives noircies artificiellement par oxydation. Dans les tapenades, les concentrations en acrylamide étaient comprises entre 10 µg/kg et 875 µg/kg. Après un traitement expérimental à 170°C, mimant la préparation par exemple d’une pizza, des concentrations maximales de 24 740 µg/kg et 1 240 µg/kg étaient atteintes dans les olives noires naturelles et les tapenades, respectivement. Les olives de table préservées à l’aide d’acides (citrique, lactique, tartrique ou acétique) présentaient des concentrations significativement plus basses (médiane : 6,73 µg/kg) que celles sans ajout d’acide (médiane : 131 µg/kg). De même, la présence d’huile favorisait de manière significative la formation d’acrylamide dans les olives traitées à 170 °C. Lien 1
Étude
Espagne et Portugal, mycotoxines, substituts de produits carnés
Dans une étude menée en Espagne et au Portugal en 2024, 20 mycotoxines ont été analysées dans 100 échantillons de substituts de viande (burgers, boulettes, nuggets végétaux, etc.) achetés en supermarché. Les plus fréquentes étaient des mycotoxines émergentes de Fusarium (moniliformine : 89 %, enniatine B : 44 %, beauvéricine :17 %) et d’Alternaria (tentoxine : 44 %, acide ténuazonique : 23 %). Inversement, la zéaralénone, le déoxynivalénol et la toxine T-2 - des mycotoxines mieux connues et réglementées dans certaines matrices – n’étaient détectées dans aucun échantillon. Enfin, 70 % des échantillons présentaient une contamination par au moins deux mycotoxines. Lien 1
Étude
États-Unis, dangers chimiques, évènements alimentaires
Une publication de la FDA aux États-Unis dresse le bilan des incidents d’origine alimentaire attribués à un danger chimique, survenus entre 2011 et 2025. Ces derniers représentaient 10 % (127 / 1 270) des intoxications d’origine alimentaire toutes causes confondues. La majorité de ces incidents (80 %, soit 107 / 127) était liée principalement à des niveaux élevés d’histamine (42 %) et de ciguatoxines (28 %). Parmi les autres dangers recensés, l’étude détaille deux épisodes récents relayés respectivement dans les BuSCA 117 et 136 : des intoxications de jeunes enfants après consommation de compotes à la cannelle contaminées par du chromate de plomb (jusqu’à 600 fois la limite réglementaire), ainsi qu’un cluster de 51 cas liés à la consommation de morilles en lien avec la présence d’une toxine naturelle dont l’effet est favorisé par une cuisson inadéquate. Lien 1
Le BuSCA est diffusé sous licence
CC BY-NC-ND 4.0